Jouer avec la caméra

L’acteur relié

Dates & horaires

• En semaine, du 8 au 19 juin.

Durée

70 heures – Deux semaines (Lundi à vendredi) – Durée hebdomadaire : 35 heures 9h30- 12h30 et 13h30- 17h30

Effectif

12 comédien·nes

Frais d'inscription

Nous consulter.

Nous étudierons avec soin chaque dossier au cas par cas.

Financement possible (Pôle Emploi, Afdas…). Plus d’information ici.

Informations & candidatures

Pour s’inscrire au stage, remplir le formulaire d’inscription.
Informations : formation@maisondufilm.com ou au 01 40 34 32 46

Crédit photo : « Sous l’écorce » de Ève Chems de Brouwer – Piano Sano Films.

  • Déposer les fichiers ici ou

Le lâcher-prise est cet état de disponibilité qui permet à l’acteur de s’engager spontanément, pleinement dans le jeu, afin d’agir, réagir de moment à moment avec tout ce qui surgit dans l’instant. C’est dans cette expression libre qu’apparaît alors la personnalité de l’acteur dans ce qu’elle a de plus riche, unique et inimitable : sa sensibilité, ses émotions, ses impulsions, sa présence, son imaginaire, son propre vécu.
C’est d’ailleurs, essentiellement, pour sa personnalité qu’on choisit un acteur.

Le maître mot pour atteindre le lâcher-prise est confiance. A l’instar du plongeur qui va sauter dans le vide pour exécuter les figures de son plongeon, l’acteur doit avoir une confiance sans faille en la maîtrise de son corps, de son instrument. Mais aussi une confiance dans l’intégration des figures, du parcours organique du personnage durant le « saut » entre entre le « action et le « coupez ».

Cette formation abordera donc en parallèle ces deux axes.

Confiance en son instrument.

Pour se faire, il s’agit donc de transmettre à l’acteur des outils et des techniques afin qu’il acquiert une connaissance intime, sensible, personnelle, de son corps, des ses émotions, impulsions, et qu’il sache comment conditionner organiquement son être dans les conditions de la scène de son personnage.

Dans le prolongement et inévitablement, nous aborderons le lâcher-prise de manière très concrète à travers la notion du non effort. Ne rien rajouter, ne rien empêcher. Trouver l’effort juste pour toucher la liberté d’être, sans retenue et sans forcer.

Parallèlement à travers des exercices, nous travaillerons à développer deux fonctions essentielles de son instrument: l’imaginaire et la sensorialité.

Enfin, pour trouver cette liberté, nous aborderons un des facteurs les plus précieux, et rarement abordé en formation, c’est la capacité de l’acteur à intégrer le regard extérieur pour jouer « avec » la caméra, et non pas dans un rapport séparé, et donc de confrontation du « face » ou « devant » la caméra.

Confiance en l’intégration du parcours organique du personnage

Le personnage est avant tout, une succession de situations qu’il a vécu ou qu’il va vivre. Toutes ces situations, nous les possédons en nous, par un effort d’empathie et d’imaginaire. En effet, nous sommes tant de personnages différents dans la vie, qui apparaissent en fonction des situations que nous rencontrons. Il s’agit donc de créer et de se relier organiquement aux conditions de la situation, afin d’engager son authenticité, et faire apparaître le personnage.

Par un travail de lecture minutieux, l’acteur repère le parcours organique du personnage, les pensées, sentiments, actions par lequel il passe durant cet espace-temps. Allant de pensée à pensée, pas à pas, l’acteur identifie « les figures » qu’il doit accomplir afin de définir et créer les éléments organiques nécessaires pour les exécuter, puisant dans son vécu ou imaginaire sensoriel.

Une fois ses choix faits, il ne lui reste plus qu’à repasser ses « gestes » jusqu’à ce qu’ils soient totalement intégrer dans son être, et qu’il n’ait plus à y penser.

Alors, nous arrivons enfin à l’interprétation de la scène, où l’acteur est prêt à « sauter » dans le vide, à lâcher-prise pour le tournage de la scène.

Cette dernière étape est filmée. Le visionnage des images enregistrées nous permet alors d’observer la qualité du lâcher-prise qui fait apparaître la vie du personnage de moment à moment.

Programme

Objectifs pédagogiques


Faire acquérir au comédien.ne l’autonomie pour entretenir et développer son instrument afin qu’il soit prêt, quand un tournage se présente.

Tel un athlète qui arrive au sommet de sa forme sur le stade pour réaliser « son geste », l’acteur doit arriver en pleine maîtrise de son instrument sur le tournage.

Lui apprendre à intégrer le regard extérieur pour jouer non pas devant ou face à la caméra, mais avec.

La spécificité de la position de l’acteur est d’être regardé. Il lui est alors essentiel d’intégrer ce regard extérieur afin qu’il ne représente pas un obstacle à la plénitude de sa présence dans le jeu.

Transmettre des outils pour entretenir et approfondir son authenticité en situation de jeu.

Enraciner son lien à lui par un affûtage de sa sensorialité, de sa sensibilité et de sa présence à soi (corps, émotions, impulsions…).

Savoir intégrer instantanément ses impulsions et ses émotions pour un jeu libre et spontané.

Cela, par un travail de lâcher-prise sur le corps qui conduit à l’émotionnel.

L’initier à une méthode d’intégration organique du personnage en préparation du tournage afin d’être une force de proposition et libre de s’adapter aux demandes du réalisateur.

De nouveau, tel un athlète qui a inscrit en lui le geste à accomplir, l’acteur doit avoir intégrer organiquement le mouvement « émotionnel » du personnage avant le tournage de la scène.

Equipe pédagogique

Xavier Mussel

Acteur depuis plus d’une vingtaine d’années, Xavier Mussel a tourné au cinéma sous la direction de Rabah Ameur Zaimeche, « Terminal Sud », « Histoire de Judas », qui a reçu le Prix du Jury œcuménique au Festival de Berlin, de Patrick Mille « Mauvaise fille », de Florent Emilio Siri « Cloclo », et de Quarxx « Un ciel bleu presque parfait » en compétition à Sundance en 2017 et « Tous les Doeux du ciel ». A la télévision, il a été dirigé par Didier Bivel, Dominique Ladoge, Hervé Hadmar, Léa Fazer, Edwyn Baily, Pierre Lacan, Frédéric Berthe, Michel Vianey…

Auteur-Réalisateur, il a écrit et réalisé 4 courts métrages qui ont été sélectionnés dans de nombreux festivals internationaux (New York, Augsburg, Rio de Janeiro, Ludwisburg, Montréal, Cologne, Berlin…) et un documentaire diffusé sur France 5. Son court métrage « Le communicateur » a reçu le Prix de la jeunesse à Clermont-Ferrand notamment et a été diffusé sur France 2 ainsi qu’au sein du R.A.D.I. Il a dirigé notamment Aurélien Recoing, Marcial Di Fonzo Bo, Jean Quentin Chatelain, André Marcon, Luis Rego, Ged Marlon… Son cinquième court métrage « Le carnet de santé » (2017), a été présenté hors compétition aux festivals de Villeurbanne et d’Aix-en-provence. Il a reçu le Prix La Métive-Label de la Maison du Film.

En parallèle, Xavier Mussel exerce le métier de coach /formateur. Ainsi, durant plusieurs années il a enseigné la méthode Stanislavski à l’Atelier International de théâtre de Blanche Salant et Paul Weaver. Par la suite, il s’emploie à la direction de stages sur « le jeu devant la caméra » à l’Ecole Florent, jusqu’en 2010. Son expérience de formateur se poursuit à l’Ecole Supérieure de Réalisation Audiovisuelle où il forme à la direction d’acteur. Enfin, en partenariat avec la Maison du Film, il coache de jeunes comédiens dans le cadre de la réalisation de leur démo.